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L’une des expériences du Pré-Forum et du FSM que plusieurs de mes 28 compagnons d’Asie du sud et moi-même continuent d’évoquer c’est notre rencontre et nos interactions avec les peuples indigènes de l’Amazonie. Au cours de l’inauguration du Pré-Forum nous avions mentionné que l’appel des ‘peuples indigènes à s’unir’ était la raison de notre venue à Belém et nous avons été comblés largement. Cela a été une expérience unique non seulement de reconnaître et partager les similitudes de nos cultures et de nos valeurs existant entre les peuples indigènes de l’Asie du sud et de l’Amazone et de s’enrichir mutuellement, mais aussi de regarder les problèmes auxquels font face les deux groupes malgré leur séparation géographique. Le fil qui nous reliait les uns aux autres comme un seul corps était tissé non seulement de nos similitudes culturelles et de notre lutte pour la vie, mais aussi de la foi - foi en un Dieu qui appelle à la défense de la vie des marginalisés, particulièrement les autochtones; c’est une foi qui invite à un engagement social plus profond, à développer nos réseaux et à l’action politique. Partager notre mission commune et notre objectif avec les Jésuites et les autres engagés partout au monde nous a fait sentir que nous n’étions pas seuls dans cette lutte pour construire un monde meilleur.
Avant de venir à Belém, je critiquais personnellement le FSM, me questionnant à savoir si ce dernier n’était pas en voie de devenir un forum mondial de spectacles culturels. À la lumière de cette soi-disant crise économique (bien que je préfère l’appeler l’effondrement du modèle de développement capitaliste) j’ai été intrigué par la façon dont le Forum y répondrait. Est-ce que le FSM continuerait de n’être qu’une simple plateforme d’échanges d’idées et de partages d’expériences ou changerait-il la ‘crise’ en une ‘opportunité’ pour développer une alternative? Bien que la marche inaugurale ait davantage pris l’allure d’un carnaval, je suis heureux que le FSM de Belém soit sorti de sa coquille et ait, pour la première fois, pris certaines positions politiques concrètes afin de saisir l’opportunité pour une action politique. Les projets de campagnes, d’augmentation de la conscientisation, de mobilisation et de manifestation à l’encontre des pouvoirs et institutions politiques mondiaux prévus dans les mois à venir nous donnent l’espoir que le FSM n’est plus seulement un événement culturel mais une réelle force politique qu’on ne peut écarter. C’est une véritable joie que nous ayons pu participer à ce processus.