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    Vol. XIV, No. 26 20 décembre 2010

    Le Père Général

    Sur l'Europe à nouveau. L'entretien avec le Père Général sur l'Europe (cf. Bulletin du 20 octobre) a suscité beaucoup d'intérêt, à l'intérieur et à l'extérieur de la Compagnie, mais aussi quelque perplexité. Nous nous sommes donc adressés de nouveau au Père Nicolas, pour lui demander quelques précisions.

     

    Q. Vos commentaires sur l'Europe, après quelques visites aux jésuites de ce continent, ont suscité à la fois intérêt et surprise. Or, vous les avez faits à la suite de vos visites en Belgique et en Suisse. Etaient-ils le fruit de ces deux visites à des jésuites européens ?

     

    R. Pas le moins du monde. En fait, j'avais envoyé mes réponses "avant" ces visites. Elles ne se basent pas sur ce que j'ai vu lors de mes rencontres avec des jésuites. Mes observations sont de nature plus générale et disent comment je réagis à la manière dont les Européens parlent des problèmes et des gens, après avoir passé 48 ans en Asie orientale, où les traditions en cette matière sont certainement différentes.

     

    Q. Cela vous préoccupe-t-il que certains puissent trouver vos paroles trop dures, voire injustes pour beaucoup d'Européens, qui ne sont certainement ni orgueilleux ni arrogants, mais simplement habitués au langage direct et affirmatif ?

     

    R.  Je pense que c'est un risque pour toute affirmation portant sur un groupe de personnes. Je serais sûrement préoccupé si mes paroles étaient comprises comme un jugement négatif sur les Européens. Ce n'était nullement ma pensée. Ce que j'ai dit, j'insiste, c'est l'impression que m'a faite une manière de parler qui a aussi été la mienne, et qui l'est peut-être encore. Je suis bien conscient que les langues sont construites et structurées de manières différentes. Les langues européennes sont fondamentalement centrées sur la réalité considérée : elles affirment ou nient, expliquent ou rejettent, clarifient ou développent une idée, une opinion, une conviction. Les langues d'Asie orientale accordent beaucoup plus d'attention aux personnes en dialogue. Vous ne répondez pas d'abord sur la question posée, mais à la personne qui la pose, et beaucoup de choses s'ajoutent à la fin d'une affirmation, qui rendent celle-ci moins forte, ou critiquable, l'ouvrent à la discussion et à d'autres opinions. En fait, le point discuté n'est généralement pas défini ou nié à chaque pas de la discussion, mais demeure ouvert aux opinions contraires, à la recherche de nuances, ou simplement à l'erreur. Il est évident que ceci aide tout le monde à participer sans se sentir ignoré, refusé ou écarté de la conversation.

     

    Q. Peut-on faire quelque chose en cette matière ?

     

    R. Il est toujours très difficile de dire aux autres quoi faire quand on n'est pas sûr soi-même (et je ne le suis pas) d'avoir opéré les changements nécessaires.  Je peux parler seulement à partir de mon expérience d'avoir dû apprendre une nouvelle façon de parler, ce qui est antérieur à l'apprentissage d'une autre langue et va au-delà. Autrement dit, j'ai dû apprendre à toujours parler avec grand respect pour l' « autre », personne ou groupe, avec qui je parle. Ce n'est pas quelque chose que je pouvais apprendre du jour au lendemain. Changer des habitudes que nous avons depuis notre petite enfance demande des années. Je dois dire que la plupart du temps, ce n'est pas une question d'effort personnel ou d'habileté diplomatique à acquérir. La meilleure façon d'apprendre est de découvrir combien c'est agréable lorsque les gens se parlent de cette manière respectueuse, lorsque la personne est plus importante que les idées qu'on peut avoir.

    La seconde chose que j'ai dû apprendre au long des années que j'ai vécues en Asie a été d'être plus honnête avec mes doutes et mes insécurités. Laisser paraître notre ignorance et notre incertitude est plus vrai et de ce fait plus utile dans nos relations avec les gens. Il y a très peu de choses sur lesquelles nous savons vraiment quelque chose. Parler en ayant conscience de cela donne aux autres la possibilité de nous aider, de nous instruire, d'apporter la contribution de leur expérience et de leurs connaissances quand les nôtres sont insuffisantes. Ce simple fait réalise des merveilles dans la communication personnelle et facilite grandement l'interaction. Si vous appelez cela « humilité », je dirai alors que l'humilité est excellente pour la communication interculturelle.

     

    Q. Ce que vous dites suggère que la communication humaine peut être aidée par une dose de spiritualité.

     

    R. Je vous remercie de comprendre mes paroles de cette façon. C'est exactement ce qui, je pense, peut nous aider le plus dans notre monde complexe et difficile. A une époque, j'ai pensé que cela suffisait de connaître les langues. Puis j'ai appris qu'il était plus important d'être clair et même exact à propos de ce dont on parle ; ensuite, que connaître la culture des personnes que nous rencontrons est essentiel pour une vraie communication. C'est en Asie que j'ai réalisé que la communication commence et s'approfondit quand nous devenons capables d'accueillir l'autre avec le cœur et tel qu'il est, fort ou faible, déterminé ou vulnérable, et que s'il n'y a pas d'amour, il n'est guère possible de communiquer. En d'autres termes, on peut acquérir et cultiver la capacité de communiquer, mais il s'agit beaucoup plus d'un art, où on grandit en humilité et en amour, que d'une technique maîtrisable et dont on puisse être fier. Les ressemblances avec le progrès spirituel sont nombreuses et profondes. Je suis extrêmement reconnaissant à l'Asie de m'avoir conduit à cette découverte.

     


    A la Curie

    Une nouvelle Province. Le 26 novembre 2010, fête de Saint Jean Berchmans, le Père Général a signé le décret qui unit officiellement la Province de Chicago et celle de Détroit, créant ainsi une entité apostolique unique qui s'appellera désormais « Province de Chicago-Détroit » (CDT). La nouvelle Province naîtra effectivement le 1er janvier 2011, et le Père Timothy P. Kesicki en sera le nouveau Provincial.

     


    Dans les Provinces

    AUSTRALIE : Travailler pour l'environnement

    En écho à un appel de la Conférence des jésuites d'Asie-Pacifique, sur la manière dont la Compagnie répond aux défis écologiques, la Province d'Australie a rédigé un rapport sur son engagement en ce domaine. Le rapport, qui cherche à offrir les bases d'un partage des ressources et des compétences, range l'engagement pour la durabilité écologique et l'éducation à l'environnement parmi les priorités de la Province. Il invite, dans ce but, à identifier pour chaque ministère des initiatives écologiques à prendre, à examiner ce qui pourrait contribuer à rendre les gens davantage conscients en ce domaine de l'environnement et à suggérer pour un type déterminé d'apostolat les moyens d'aider les autres. Beaucoup d'œuvres de la Province adoptent une visée écologique et orientent leurs activités vers l'adoption d'un style plus « vert ». Sont particulièrement prometteurs les efforts faits pour l'éducation des jeunes, qui peuvent à leur tour devenir agents de changement dans leurs familles et communautés, et contribuer ainsi à éduquer les générations plus âgées. On souhaite également intégrer les activités écologiques et les efforts de sensibilisation en cette matière avec une réflexion théologique. L'utilisation des ressources naturelles, en Australie et ailleurs, sera un prochain thème de travail.

     

    CROATIE : Le Parlement décrète l' « Année Boškovic »  

    Pour marquer le 300ème anniversaire de la naissance du jésuite et savant croate Rudjer Boškovic, le Parlement croate a décidé de proclamer l'année 2011 « année Boškovic » au niveau national. Né en 1711 à Dubrovnik et mort à Milan en 1787 (voir l'Annuaire 2011 pp.13-16), le jésuite, astronome et physicien (il est célèbre pour son explication « dynamico-atomistique »  de la nature), était en outre philosophe, théologien, mathématicien et poète. La décision du Parlement offrira l'occasion de promouvoir la mission de la Compagnie et de susciter de nouvelles vocations dans les institutions universitaires et éducatives. Parmi les événements au programme un congrès international sera organisé par notre Faculté de philosophie de Zagreb, et se déroulera en novembre 2011.

     

    HONG KONG : Séminaire sur le Père Matteo Ricci

    « Chercher Dieu dans les cultures » était le thème du séminaire organisé par les jésuites de Hong Kong du 2 au 5 décembre dernier, pour commémorer les 400 ans de la mort de leur confrère missionnaire Matteo Ricci. Mgr John Tong, évêque de Hong Kong, y a participé et a présidé l'Eucharistie d'ouverture. « Le travail d'évangélisation du Père Ricci, a-t-il dit, est soutenu par sa profonde vie contemplative ; en lui se complètent harmonieusement vie contemplative et action ». Mgr Tong a encouragé la mission d'évangélisation d'aujourd'hui, qui doit être concentrée et accompagnée d'une intense vie spirituelle contemplative, car « la réflexion et la contemplation donnent force au service ». Selon Kong Ko Bao (le bulletin diocésain en langue chinoise cité par l'agence Fides), plus de 300 personnes ont participé au séminaire, venant de Hong Kong, de Taiwan, d'Angleterre, d'Inde et d'Australie. Le Père Gendron, Provincial de la Province jésuite de Chine, était présent, ainsi que de nombreux supérieurs des communautés asiatiques de la Compagnie, et d'autres jésuites, spécialistes de spiritualité, et des laïcs proches de la spiritualité ignatienne.

     

    NEPAL : Expansion des écoles jésuites

    Soixante ans après l'ouverture de leur première école au Népal, les jésuites continuent à développer leur apostolat éducatif dans le pays. Un 4ème étage a en effet été ajouté à la St Xavier's School, l'école que la Compagnie dirige à Katmandou. Le 3 décembre dernier, pendant la cérémonie de bénédiction des nouveaux locaux, l'évêque Anthony Sharma, vicaire apostolique du Népal, a déclaré : « la couleur rouge de mon étole rappelle les sacrifices de tant de bienfaiteurs, parents, enseignants, étudiants et jésuites qui ont rendu possible de réaliser toujours plus pleinement la devise de l'école : Vivre pour Dieu, travailler pour le Népal ». Le bâtiment de l'école est un des plus grands de ce genre dans tout le pays. D'abord école réservée aux garçons, elle a commencé, il y a dix ans, à accepter aussi les filles. En 1999, les jésuites ont ouvert dans l'Est du Népal, à 10 kilomètres de la frontière avec l'Inde, deux autres écoles, que fréquentent les enfants des familles les plus pauvres. On prévoit une expansion ultérieure de l'apostolat éducatif dans la région de la ville de Pokhara, à l'ouest de Katmandou, où les jésuites ont récemment acheté plusieurs hectares de terrain.

     

    PAKISTAN : Les secours après les inondations

    Après les inondations récentes au Pakistan, les jésuites sont engagés dans l'aide à la population frappée par cette catastrophe, notamment pour la reconstruction des maisons, et ils le font grâce aussi aux fonds reçus des jésuites d'Australie et d'autres pays. Le problème est le manque de briques, dû à des augmentations imprévues des coûts, qui ont rendu plus difficile la situation économique.  L'engagement des jésuites se situe en particulier dans le district de Musafghar, dans le Punjab méridional et dans la province du Sindh. Dans la région de Sukkur, par contre, ce sont les populations tribales qu'on aide à acquérir des terrains pour leur communauté.

     

    PEROU : 400 ans de la mort du Frère Bernardo Bitti 

    Il y a 400 ans cette année mourait le Frère Bernardo Bitti, jésuite né à Camerino (Italie) en 1548. Entré dans la Compagnie comme frère en 1568, il arriva au Pérou en 1575, et consacra le reste de sa vie à l'art de la peinture, avec une prédilection pour les thèmes mariaux. On peut percevoir dans ses œuvres l'influence de Michel-Ange, de Raphaël et de Vasari, mais ses tableaux révèlent quand même un style bien à lui, où les enseignements de l'école romaine du dernier maniérisme se combinent avec la saveur âcre de la terre andine. Le frère Bitti s'est aussi adonné à la sculpture et beaucoup de ses œuvres sont aujourd'hui conservées dans les musées de Lima, de Cuzco et d'Altiplano. Ses tableaux sont au nombre de plus d'une centaine ; ce sont des peintures où la maîtrise du frère Bitti atteint un haut niveau et elles ornent aujourd'hui des maisons et des églises de la Compagnie dans de nombreuses localités péruviennes. Il est mort à Lima en 1610. Pour commémorer ce 400ème anniversaire, une série de conférences a eu lieu au début de décembre, organisée par l'Université Antonio Ruiz de Montoya, l'Université des jésuites du Pérou.

     

    SYRIE: Créer des moments de joie

    Les cours - langues, informatique, leçons pour les examens de l'école secondaire - offerts par le JRS (Service Jésuite des Réfugiés) à St Vartan, à Alep, sont de plus en plus populaires. Mais les personnes viennent aussi pour autre chose. « Le centre du JRS est devenu un lieu de rencontre, où les personnes peuvent surmonter leurs préoccupations et leurs angoisses », explique sœur Hala Daoud, et cela en partie grâce au programme de soutien psychosocial qu'elle gère. A St Vartan les activités récréatives comme la cuisine, la broderie, le dessin, la fabrication de marionnettes et le sport sont devenues des ressources thérapeutiques pour aider les réfugiés à faire face à leur passé, à tirer le meilleur parti du présent  et à se préparer pour leur avenir. « Nous n'oublions jamais l'objectif principal, c'est-à-dire écouter et partager avec les réfugiés les conséquences de la guerre », explique Paul Diab, directeur du JRS-Syrie. Les moments de fête sont aussi importants que le processus de guérison. « Nous prenons aussi du temps pour les adieux à ceux qui partent », explique sœur Hala. « L'atmosphère positive de St Vartan a créé des rapports chaleureux entre l'équipe du JRS et les familles qui partagent leurs vies avec nous et ne perdent jamais l'occasion de nous remercier ».

     

    SOUDAN : Pour la création d'une université 

    Après 25 ans de guerre civile et avec un taux d'alphabétisation inférieur à 30%, l'ouverture d'une université catholique au Soudan était devenue une nécessité pour la renaissance du pays. L'idée en remonte à l'année 1956, juste après l'indépendance de la Grande-Bretagne. On en a reparlé en 1983, lors de la rencontre entre le Président soudanais et le Pape Jean Paul II, mais l'éclatement de la guerre civile a bloqué le projet. La Conférence épiscopale a placé l'ouverture de l'université catholique du Soudan au cœur de son programme pour aider le pays à se relever de dizaines d'années de violence, de famine et de déplacements forcés. Avec l'aide de deux missionnaires américains, dont le Père Mike Schultheis, jésuite engagé depuis 40 ans dans l'éducation supérieure en Afrique, le rêve est devenu réalité depuis quelques mois, par l'ouverture de deux Facultés, une de sciences sociales et l'autre d'agriculture et de sciences de l'environnement. On espère ouvrir la Faculté d'ingénierie d'ici un an. 

     


    Nouveau sur SJWEB

    Un podcast  avec le Père František Hylmar, le "dernier jésuite clandestin" entré dans la Compagnie de Jésus dans l'ancienne Tchécoslovaquie quelques mois avant l'effondrement du régime communiste en 1989. Comme son successeur comme Provincial de la Bohême n'est pas capable d'entamer son ministère pour des raisons médicales, le Père Général l'a invité à continuer comme Provincial. Le Père Hylmar nous parle de son travail comme géodésiste et cartographe avant d'entrer dans la Compagnie, de sa tâche de Provincial d'une petite Province - qui avait plus de 1000 membres il y a 250 ans - et de sa joie de voir Dieu au travail aujourd'hui dans l'église et la société. Cliquez "Voix Jésuites". 

     

    Nous vous souhaitons à tous, chers lecteurs et amis,

    un Joyeux Noël et une Bonne et Sainte Année, riche de joie et de paix.

    Et nous vous informons que le prochain numéro du Service Électronique d'Information sortira vers la mi-janvier.

    À partir de février le bulletin reprendra son rythme bimensuel.